La santé en prison

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En 2000, la population carcérale mondiale était d’environ 8,7 millions ; elle dépasse à présent 11 millions. La croissance régulière de la population carcérale entraîne avec elle un grave problème de surpopulation, dans les pays développés comme en développement. La plupart des systèmes pénitentiaires sont surchargés.  

Les investissements nécessaires en recrutement de personnel, infrastructure et autres ressources n’ont pas été faits. Aujourd’hui, des millions de prisonniers connaissent des privations extrêmes. Les besoins sanitaires, de bien-être et de sécurité élémentaires sont insuffisamment pris en charge. Les conséquences pour la santé, non seulement des personnes détenues, mais également de leurs familles et de la collectivité en général, sont graves. On arrive souvent en prison dans un état de santé physique et psychique peu satisfaisant, qui ne fait que s’aggraver dans des conditions de détention aussi mauvaises. Et l’incarcération peut, en elle-même, causer des problèmes de santé physique et psychique. Se reposer à l’excès sur la justice pénale entraîne des risques pour la santé publique et la sécurité collective. D’autres approches centrées sur la lutte contre les injustices sociales et les inégalités d’accès aux soins seraient plus susceptibles de contribuer à réduire le crime et à améliorer la santé publique. 

Prisonniers âgés

La part des personnes âgées en détention est en augmentation constante. Le nombre de prisonniers âgés de 55 ans et plus augmente, aux États‑Unis, entre 1990 et 2009, de plus de 300 %. Il est également élevé au Royaume-Uni, en Australie et au Japon. Parmi les explications avancées, le recours accru aux peines à perpétuité ou indéterminées, l’allongement des peines privatives de liberté, et un plus grand nombre de condamnations survenant plus tard dans le parcours personnel, à l’occasion de procès de crimes commis longtemps auparavant.

Les prisonniers âgés souffrent de troubles chroniques : maladies cardiaques, diabète, hypertension, handicaps sensoriels. Parmi les troubles psychiques le plus répandus, on compte la démence, les troubles de la mémoire et la dépression. La détention est susceptible d’aggraver ces problèmes, qui surviennent généralement, chez les prisonniers, dix ans plus tôt que dans la population générale.

Les établissements pénitentiaires sont rarement équipés pour répondre aux besoins complexes en matière de santé des prisonniers âgés. Ce groupe en est d’autant plus vulnérable en détention. Les risques supplémentaires liés à la Covid-19 viennent souligner la nécessité de plans de libération anticipée complets et cohérents.

Des possibilités de réforme 

Les gouvernements ont pour devoir de protéger la santé physique et psychique des prisonniers. Ils doivent assurer des conditions de détentions décentes et humaines et des soins médicaux adéquats. La prison est un environnement dans lequel la fourniture de soins est difficile ; en outre, les personnes qu’on incarcère souffrent déjà, de façon disproportionnée, de problèmes de santé. Des prisons surpeuplées et sous-dotées ne peuvent garantir ni un environnement sain, ni des soins adéquats. Une approche de la réforme pénale consciente des enjeux sanitaires est indispensable, selon les priorités suivantes : 

  • Réduction de la population carcérale dans son ensemble ; 
  • Réduction du nombre de personne détenues souffrant de troubles psychiques ; 
  • Amélioration de l’efficacité de la fourniture de soins à l’extérieur (particulièrement pour les soins psychiques et d’addictologie) ; 
  • Amélioration de l‘accès aux soins, du dépistage, de la surveillance sanitaire et des traitements en prison ; 
  • Promotion de la santé et du bien-être des personnes détenues ; 
  • Garantie de conditions d’existence décentes et de régimes sains. 

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